Artiste française, VAM  mène un travail engagé sur l'identité féminine.
Ebranlée par les œuvres de Louise Bourgeois, Annette Messager ou Nan Goldin,
autant que par les conditions et contradictions des femmes qui l'entourent,
elle explore depuis dix ans les différentes facettes de la féminité.

Mixant toutes sortes de matériaux, elle utilise de façon récurrente le principe de couture / suture,
détournant les codes de l’ornementation au profit d’évocations «joliment» subversives. 
Sur le mythe de la vierge et la putain, VAM compose un univers tout aussi délicat que dérangeant,
entre ses "Vierges Noires" et "Vierges Rouges".

Co-fondatrice du mouvement de photographie plasticienne TRANSFIGURING.

Lauréate 2014 du concours d’Art Contemporain, catégorie photographie, de l’Espace Christiane Peugeot, Paris 17.

Représentée par U own Gallery et Kazoart 

 

 

La démarche artistique

 
VAM travaille sur l'identité féminine et met l’accent sur les distorsions entre libération et archaïsme,
les contradictions entre l’émancipation apparente de la femme dans nos sociétés, et le poids
des stéréotypes dans lesquels elle reste enfermée.
 
VAM explore ce décalage, mêlant des matières brutes comme l'étain et la toile métallique
avec des matériaux plus fragiles, fil de soie ou photo sur papier calque.
 
Le principe de couture / suture revient à travers des techniques variées, détournant les codes
de l’ornementation au profit d’évocations «joliment» subversives. La broderie, activité
typiquement féminine, est ici utilisée autant pour dénoncer l’enfermement, la mutilation ou
les blessures, que pour traduire la réparation ou la résistance.
 
Le travail sémantique autour des adjectifs féminins participe à la mise en scène :
les lieux communs et clichés sexistes sont pointés mais la sensualité et le désir sont
également clairement revendiqués.
 
Multipliant les supports et les techniques, VAM démonte les mythes de « la vierge et la putain »
pour composer un univers tout aussi délicat que dérangeant et révéler l'étrange alchimie
d'un sexe à la fois vénéré et bafoué, honoré et humilié.
 
Si elle semble parfois emprunter aux images consensuelles du charme féminin qui nous sont
perpétuellement imposées, c’est pour mieux en jouer, intégrant des formes suggestives,
des failles, des ouvertures ou des mots aux interprétations équivoques.
 
Une esthétique essentiellement en noir et blanc, ponctuée de rouge dont la puissance symbolique
laisse rarement indifférent. Couleur de la passion et de l’interdit, c’est aussi la couleur du sang,
le sang des femmes, le sang de la révolution… Dans les tableaux et sculptures de VAM, matrices,
sexes et girons sortent de leur soumission et proposent un regard libre et complice
sur la féminité.

 

Le regard de Philippe Barrier, philosophe

 
(...) Il est évidemment vain de prétendre sonder les mystères du désir, qu’il soit masculin ou féminin.
Il est toujours paradoxal, essentiellement en ce qu’il fait passer le sujet dans la catégorie d’objet,
où il trouve cependant à se réaliser comme agent, qu’on soit homme ou femme (ou les deux).
 
C’est de la prison des clichés que VAM nous invite à nous échapper ; mais c’est d’abord dans
celle-là qu’elle se débat, et qu’elle s’ébat. Avec humour, ironie, taquinerie (sans agaceries),
et avec grâce, et parfois gravité.
 
C’est du féminin qui parle, qui rit et qui pleure. Car il y a la guerre aussi, et la violence –
suggérée. Les matières mêmes sont parfois d’essence féminine, mais détournée, c’est-à-dire activée. 
Ici c’est la femme qui prend, qui saisit. C’est elle qui emmène voir, dans ces petites boîtes magiques,
des tableaux, des saynètes ; dans ces fentes qui évoquent.
 
C’est elle qui coud et qui « dézippe », pour faire entrevoir des mots cachés, des visions primitives. 
Elle qui sur-joue la soumission.
 
Et dans la subtilité aérienne et concrète des voiles métalliques semble apparaître quelque chose
comme une liberté féminine.